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La lingerie a longtemps menti poliment : soutenir, lisser, séduire.
Mais que fait-on du corps après la guerre, celui qu’une mastectomie a marqué, recousu, amputé ?
Pendant des années, on l’a relégué au rayon médical.
Des soutiens-gorge couleur chair, comme pour effacer ce qui dérange. Comme si la féminité s’arrêtait à la cicatrice.
Aujourd’hui, certaines marques fissurent ce tabou : Skims, Etam, RougeGorge, Amoena, Coeur de Lys ...
Elles dessinent une lingerie pour les corps survivants.
Des tissus doux, des poches invisibles et parfois, un geste bouleversant : le téton restitué.
Pas pour faire illusion, mais pour dire : ce corps existe encore.
Chaque année, plus de 2 millions de femmes affrontent un cancer du sein. Ces soutiens-gorge ne soignent pas, ils réparent symboliquement.
Le luxe n’est plus dans la dentelle. Il est dans la justesse, celle d’un objet qui n'efface rien. La beauté n’imite plus la perfection : elle célèbre la trace.